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2004.05.24

Clemens Kalischer, le flux du quotidien

new_york_c.1949 (C. Kalischer)time_sq., New York, 1949 (C. Kalischer)

De la grande photographie américaine, je ne connaissais jusqu'ici que les célèbres clichés de Walker Evans et Dorothea Lange, principales figures de l'équipe embauchée par la Farm Security Administration sous Roosevelt pour enquêter sur l'Amérique rurale touchée de plein fouet par la crise. En sortiront près de 3000.000 clichés sur les migrants et autres victimes de la Grande dépression des années 30. Dans l'excellente collection Photo Poche (pédagogique, pas cher, et... en format poche, à connaître absolument!) le n°4 Amérique. Les années noires (1935-1942) est poignant. Tout ceci pour dire comme je suis loin d'être un spécialiste...

J'ai donc entièrement découvert, samedi, à Charleroi, l'oeuvre de ce photographe juif d'origine Allemande réfugié aux Etats-Unis en 1942. Et j'ai été complètement bouleversé! Clemens Kalischer porte sur New York et sur l'Amérique des années 1940 1960 un regard tendre comme une illustration Norman Rockwell, mais intelligent et désabusé comme le narrateur d'un roman de Chandler. Débarqué à 22 ans sans parler anglais, il suit des cours de photo et prend pour premiers sujets des immigrés européens comme lui, puis des dockers, et des paysages urbains. Ses clichés commencent ensuite à être publiées par de grands journaux, et il recevra régulièrement des commandes du New York times. De petites dimensions, l'expo est centrée sur la partie américaine de son oeuvre (il y a quelques photos d'Italie, de France et d'Inde). En sortant, j'ai vraiment trouvé que ses clichés parvenaient à transmettre une compréhension incroyablement intime de l'esprit des lieux et de l'âme gens, sans jamais être ni trop démonstratifs, ni trop empreints de pathos. Cet équilibre entre retenue et proximité, c'est fantastique!

central_park_new_york_1947_c. Kalischer)riverside_drive_new_york_1947_c. Kalischer)

De même s'est-il toujours tenu hors de l'événementiel ou, plus exactement, à côté, comme en ces photographies de badauds gardés par un cordon de police ou assoupis au soleil d'hiver sur un banc tandis que d'autres s'y haussent pour le spectacle d'une manifestation que nous ne connaîtrons pas: Kalischer, promeneur avant que d'être reporter, préfère la contemplation à l'urgence d'un cliché qu'il faudrait prendre à tout prix, le flux du quotidien à sa brisure
(Xavier Cannone)


Jusqu'au 6 juin 2004, au Musée de la Photographie (Centre d'art contemporain de la Communauté Française de Belgique) à Charleroi.

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